mardi 2 novembre 2010

PETITE HISTOIRE AU PAYS DE L'AME HELLENIQUE...

Confession du grand écrivain allemand Erhart Kestner : "En 1952 je suis retourné à Athènes pour la première fois depuis la fin de la guerre. Quand à l'ambassade de Grèce on eut vent de mon projet de me rendre en Crète, on me conseilla de me faire passer pour Suisse étant donné que les plaies de l'occupation allemande n'étaient pas encore refermées. Mais moi je les connaissais les Crétois, et je leur ai tout suite dit que j'étais Allemand : non seulement il ne m'est rien arrivé mais j'ai revécu la légendaire hospitalité crétoise".

Un soir à la tombée de la nuit, je me hasardai près du cimetière allemand, désert avec pour seule compagnie les derniers rayons de soleil; ou du moins c'est ce qu'il me semblait mais je me trompais :  une âme vivante s'animait, une femme vêtue de noir. A ma grande surprise je la vis qui allumait des cierges qu'elle posait sur les tombes des allemands en passant méthodiquement de l'une à l'autre. Je m'approchai d'elle et engageai la conversation : "Vous êtes d'ici, n'est-ce pas ? - Oui.  - Mais alors, pourquoi faites-vous cela ? Ces gens-là ont tué des Crétois." Kestner écrit en aparté : " La réponse, c'est seulement en Grèce qu'on pouvait la trouver".

La femme répliqua :
"Mon enfant, à ton accent je sens bien que tu es étranger et il est probable que tu ignores ce qui s'est passé ici entre 41 et 44. Mon mari a été tué au cours de la bataille de Crète et je suis restée seule avec mon fils unique bien-aimé. Mais en 1943 les Allemands l'ont pris en otage et il est mort dans le camp de concentration de Saxenhausen. Je ne sais même pas où est enterré mon enfant. Je sais juste que tous ceux-là étaient aussi les enfants d'une  mana (mère), comme moi. Et j'allume ces cierges à leur mémoire puisque leurs mères ne peuvent pas venir jusqu'ici. C'est certain, une autre mère quelque part doit faire la même chose pour mon enfant."... 

Il avait raison l'Allemand : "c'est seulement en Grèce qu'on pouvait trouver la réponse". Pauvre Grèce tourmentée, persécutée...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.