jeudi 19 juillet 2012

"LA DEMOCRATIE POUR LES NULS !" par Simone LE BARON

"LA DEMOCRATIE POUR LES NULS !" par Simone LE BARON

Reçue à Kontra Channel par Konstantinos Papanikolaou en juin dernier, je commentais le résultat des élections en France et en Grèce où l’on constate que nous avions raison Georges Contogeorgis et moi en prévoyant la réélection des partitocrates et le maintien des choses en l’ « Etat ». J’évoquais l’ « anakyklisi» (ανακύκληση)  par laquelle nous assisterons naturellement à la sortie de l’impasse politique et social où les partitocrates ont acculé les peuples : c’est-à-dire la révolution naturelle, théorie aristotélicienne selon laquelle dans l’univers tout revient de façon cyclique comme les saisons mais aussi l’acmé (« akmé », ακμή) et le déclin des peuples. Actuellement le peuple grec est en déclin, il faut donc une transformation et un « recyclage » (« anakyklosi », ανακύκλωση) de la dynamique hellénique pour de nouveau qu’il connaisse l’acmé et entraine les autres peuples européens dans son sillage, puisqu’il se trouve à l’origine de la civilisation européenne. Le mot « crise » vient du grec « krisi », (κρίση) crise, mais signifie également « juger », « évaluer ».  Une crise dans tous les cas de figure (crise de foie etc.) est toujours un signal d’alarme qui permet de juger, d’évaluer une situation avant qu’il ne soit trop tard. Donc, elle est salutaire et positive dans la plupart des cas.
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« Rigolez pas, c’est avec vot’pognon ! », ne puis-je m’empêcher de penser en me rappelant Coluche et sa verve aristophanienne, à chaque fois qu’un nouveau chef d’Etat se pique d’originalité. De même que Giscard avait créé un « secrétariat d’Etat à la condition féminine » ou Mitterrand un « Ministère du temps libre », Hollande mandate Jospin d’une commission « chargée de la rénovation et de la déontologie de la vie publique » ! « Cette commission aura notamment pour mission de définir les conditions d’un meilleur déroulement de l’élection présidentielle et s’interrogera sur le statut juridictionnel du président élu »…
a-      J’ai eu beau chercher la définition de « vie publique » dans tous les dictionnaires de la création, je n’ai trouvé que ceci : « Ensemble des activités d'une personne qui concerne sa vie professionnelle ou ce qu'elle est prête à dévoiler ». Donc, déjà, ça ne veut rien dire. Bon, admettons qu’il veuille parler de la vie publique de tous les Français. On ne lui a rien demandé ! En plus, il veut nous « rénover » ! Mais, de quoi il se mêle ? « Déontologie » : combien de Français savent exactement ce que signifie ce terme ? En tout cas, pas lui ! La déontologie est un ensemble de règles qui régissent une profession et, strictement rien d’autre, déontologie médicale etc. Et va donc dire à l’employé de chez Renault qui se tue à la tâche du matin au soir et du soir au matin qu’on veut « lui rénover sa tâche avec de la déontologie » !!
b-     « Définir les conditions d’un meilleur déroulement de l’élection présidentielle », je n’ai pas tout suivi là, il faut qu’on m’explique. Dans quelles conditions Hollande a-t-il donc été élu ?? S’il demande un meilleur déroulement ça veut dire qu’il y a eu des hics, peut-être des hocs, et qu’on n’est pas au courant. Alors, puisque ça concerne notre « vie publique » à nous, pas celle de Jospin ou la sienne, la nôtre, qu’est-ce qui nous empêche nous citoyens de la République française, peuple souverain, de demander des comptes, de créer une « commission d’enquête sur le déroulement de l’élection présidentielle de mai 2007 » ? Non, oublions, des fois qu’on découvrirait que finalement il y a eu trucage et que c’était Sarko le gagnant !
c-      « S’interrogera sur le statut juridictionnel », déjà « une commission qui s’interroge » ça ne veut rien dire. Bon, admettons. Jospin et ses acolytes vont se « poser des questions ». Et après ?  Qu’est-ce qui se passe ? Ils ne vont pas nous les poser à NOUS, premiers concernés, mais entre eux, un jeu de rôle peut-être, on ne sait pas… Nous ne sommes pas, de toute façon, invités à y participer. Les jeux sont faits pour ceux qui cherchent à tuer le temps, nous nous sommes là pour nous tuer au travail et rétribuer ceux qui jouent en se jouant de nous. Et, rigolez pas, c’est avec vot’pognon ! Le « statut juridictionnel » ! Là, je marque un temps… Tout d’abord est juridictionnel tout ce qui se rapporte à la juridiction. Qu’est-ce que la juridiction ?  Soit le pouvoir de rendre la justice, soit un tribunal. Ainsi, malgré l’utilisation emberlificotée du mot de « statut », on peut comprendre que le Président de République rend la justice,  comme Saint Louis qui rendait la justice sous un chêne !  c’est nouveau, ça vient de sortir !
Dans le fond, pas si bête ce Hollande, il se dit que les élections présidentielles finalement concernent le Président, nous on pensait qu’elles nous concernaient un peu, juste un tout petit peu. Non, non, elles concernent le « statut » du Président. Le spectre de la faillite du système bancaire tout entier et ses conséquences, le chômage, la pauvreté croissante, la menace de se retrouver à la rue du jour au lendemain, la diminution vertigineuse du pouvoir d’achat : cela ne nous regarde pas…
Il n’y a pas à dire on rigole bien avec les socialistes, tenez, prenons Jospin : « Voir l’extrême droite représenter 20 % des voix dans notre pays, et son principal candidat affronter le candidat de la droite au second tour est un signe très inquiétant pour notre démocratie, j’en tire les conclusions en me retirant de la vie politique après la fin de l’élection présidentielle », annonçait-il le 21 avril 2002 à la télévision. Juillet 2012 : le grand retour… Je crois que cet homme-là est le seul politique français à connaitre réellement les principes fondamentaux de la démocratie parmi lesquels l’ostracisme, mesure visant à bannir de la politeia pendant dix ans tout politique ayant abusé du pouvoir…
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La démocratie, parlons-en. Mais avant tout, je vous propose de relire cet article http://www.politique-actu.com/osons/quatre-democratie-droite-gauche-partitocratie/243962/ pour ne pas me répéter, et afin de vous amener à réfléchir comme je le fais sans cesse, ne pouvant continuer à accepter cette situation où l’on nous prend vraiment pour des crétins. Je m’attacherai à un seul point, celui de l’isogonie (ισογώνια) : égalité de naissance, les nobles n’existent pas, ne sont pas reconnus par le système démocratique, toute discrimination par la naissance ne concerne pas la démocratie. Du reste, on trouve rarement le mot « Athènes » dans les textes des Anciens Grecs mais « les Athéniens » qui n'habitent pas à Athènes puisqu’ils  sont Athènes. En tant que fils de la terre d'Attique, ils sont issus d'ancêtres communs et constituent un groupe humain, la politeia (la cité). Cet esprit-là est intact à Athènes vingt-six siècles plus tard et s’est étendu au reste de la Grèce, après maints déclins et acmés du peuple hellénique. La démocratie est une entité, engendrée par l’esprit hellénique, fait partie intégrante du système hellénique, pensée et portée par des penseurs et porteurs de l’hellénisme ayant pour seul véhicule la langue grecque. Le grec ancien n’est une langue morte que pour les non Grecs, pour les locuteurs grecs du 21ème siècle, elle est la source vive de cette autre entité que représente la langue hellénique sans début et sans fin…
Il n’existe donc et n’a jamais existé aucune autre démocratie que celle-là. Les expressions de « démocratie représentative », « indirecte », « participative » ou même « directe » ne sont que pure invention et mensonge. Les trois premières inventées par les politiques élus afin de se faire élire tout simplement, et la dernière inventée par ceux qui souhaitent voir enfin l’abolition du système hypocrite utilisé par les deux premières à des fins personnelles financières.
En 2007, Sarkozy n’a pas perdu de temps pour divorcer, se remarier et hop ! se rendre chez la reine d’Angleterre le 26 mars 2008 en tant qu’époux très convenable de l’irréprochable ancien mannequin Carla Bruni. Le 10 juillet 2012, Hollande n’ayant  pas eu le souci du divorce vu qu’il ne s’est jamais marié, a pu se précipiter chez la même reine deux mois après son élection, toutefois sans sa belle qui, empêtrée semble-t-il dans un second divorce n’a pas voulu choquer son altesse royale, ou peut-être n’a-t-elle jamais appris à faire des courbettes, que dis-je, des révérences…. Hollande, très courtois, ne s’est pas rendu les mains vides : il a eu l’idée d’un « petit » cadeau (une bagatelle), une statue d’Amphitrite en porcelaine de Sèvres, déesse de la mer dans la mythologie grecque (on y revient toujours), d’une valeur de 4500€. De source journalistique, la statue « sort du Ministère de la Culture, rue de Valois ». Alors, moi aussi je m’interroge – comme la commission de Jospin – et je pose la question suivante : Aviez-vous le droit de faire cela, Monsieur le Président de la République française ? Est-ce cela que vos concitoyens meurtris, dévastés, effrayés par la situation de crise dans laquelle vous et vos associés de la partitocratie européenne, de la Troika, livrés à eux-mêmes, trahis par les gouvernants de la Vème République depuis 1958, est-ce cela qu’ils attendent de vous ? Combien de temps allez-vous encore exploiter la misère du peuple, continuer comme vos prédécesseurs de tous bords  et enrichir  de subtiliser les biens de notre République pour enrichir ceux qui, en d’autres temps, auraient eu la tête tranchée ? Auriez-vous oublié par hasard que la République que vous représentez est née sur les cendres de la monarchie ?
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Actuellement, l’Union Européenne comprend six monarchies : le Royaume de Belgique, du Danemark, d’Espagne, des Pays-Bas, de Suède, de Grande-Bretagne et Irlande du Nord ; et le Grand-duché de Luxembourg. Leurs représentants sont tous des chefs d’Etat de l’Union Européenne.
Les principes fondateurs de l’Union Européenne : le titre VI de la première partie de la Constitution comporte des dispositions relatives à la vie démocratique de l'Union (article I-45 à I-52). Ce titre comprend huit articles consacrés à la démocratie représentative, à la démocratie participative, à la transparence, à l'accès aux documents, au respect des données à caractère personnel, au médiateur européen ainsi qu'au rôle des partenaires sociaux et des églises.
Ce titre sur la vie démocratique doit être mis en parallèle avec l'article I-10 consacré à la citoyenneté européenne, avec les articles II-99 à II-106 de la Charte des droits fondamentaux qui reprennent tous les droits attachés à la citoyenneté européenne ainsi qu'avec les articles III-125 à III-129 qui sont également consacrés à ce même thème. Le texte de la Constitution réaffirme les droits qui sont liés à la citoyenneté européenne et définit pour la première fois les fondements démocratiques de l'Union. Ces fondements démocratiques se basent sur trois principes : le principe d'égalité démocratique, le principe de la démocratie représentative et le principe de la démocratie participative. Enfin, le titre VI consacré à la vie démocratique regroupe également certaines dispositions jusqu'alors éparpillées dans les traités, notamment celles relatives à la transparence, à l'accès aux documents et au rôle du médiateur européen.
Nous y voilà ! Nous sommes faits comme des rats ! Non seulement nous savons que l’enfer a commencé pour tous les citoyens de l’Union Européenne, dès l’entrée de leurs pays respectifs dans ladite « Union », mais de surcroit nous nous rendons compte que depuis le début existe un « vice de forme ». « Le peuple tombe dans le malheur, lorsque ceux à qui il se confie, voulant cacher leur propre corruption, cherchent à le corrompre », disait Montesquieu. Et il ajoutait : « La loi, en général, est la raison humaine, en tant qu'elle gouverne tous les peuples de la terre ; et les lois politiques et civiles de chaque nation ne doivent être que les cas particuliers où s'applique cette raison humaine. Elles doivent être tellement propres au peuple pour lequel elles sont faites, que c'est un très grand hasard si celles d'une nation peuvent convenir à une autre ». Les législateurs de cette Union mensongère sont peut-être parvenus à en corrompre quelques uns, mais la loi naturelle reprend le dessus. Oui, nous sommes les citoyens de la Vieille Europe, liés par une histoire commune mais, non, nous ne pouvons pas obéir aux mêmes lois car la nature de chaque nation européenne est différente, c’est cette différence-là qui a toujours provoqué les guerres fratricides initiées par les dirigeants assoiffés de pouvoir et donne lieu aujourd’hui à l’ « Histoire de l’Europe » dans les manuels scolaires, l’Histoire n’étant ni plus ni moins qu’une succession de guerres et de paix. Nous sommes des peuples complémentaires, chacun représentant un morceau du puzzle européen.
Par conséquent, nous avons le droit mais surtout le devoir, nous concitoyens d’Europe, trahis par les politiques que nous avons élus en toute confiance, de contester la légitimité de cette Union et d’en demander l’annulation pure et simple pour « vice de forme ». Heureusement, il y a toujours pour les instigateurs machiavéliques de telles machinations un retour de bâton, bâton qu’ils se donnent eux-mêmes pour se faire battre. Le Traité de Lisbonne a instauré une nouvelle loi en 2010, « L’Initiative citoyenne  européenne» : Au minimum un million de signatures de citoyens issus d'au moins un quart des Etats-membres de l’Union. Le comité organisateur doit être composé d'au moins sept membres résidant dans au moins sept États membres de l'Union différents. Les signatures doivent être collectées dans l'année suivant la confirmation de l'enregistrement de la proposition par la Commission.
Citoyens d’Europe, levons-nous, la liberté nous attend !
Simone Le Baron, Athènes, 17 juillet 2012.

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