dimanche 2 septembre 2012

A Myrto, l'enfant souriant

MYRTO, LE PEUPLE GREC PENSE A TOI

Celui que l’on surnomme désormais « l’ogre de Paros » ne trouvera jamais grâce auprès du peuple grec. Emprisonné depuis le 22 juillet 2012 après avoir avoué son crime, il vaut mieux pour lui qu’il reste là où il se trouve ad vitam aeternam car il est plus en sécurité en prison où il partage la cellule de quatre Kurdes que dehors où l’attendent des milliers de pères, mères, sœurs, frères, amis grecs réunis dans une colère commune. 

Tel l’écorcheur du film « Le silence des agneaux » il a mordu sa victime de 15 ans  au visage, lui a fracassé la tête contre les rochers et, la croyant morte, l’a violée. Un Pakistanais de 21 ans. La jeune Myrto s’amusait dans une cafétéria de Paros quand elle a reçu un coup de fil sur son cellulaire. Elle s’est isolée sur la plage quelques secondes pour mieux entendre son interlocuteur quand l’homme a surgi d’un taillis et s’est jeté sur elle pour lui voler son téléphone. La jeune fille résiste, vous connaissez la suite…

En 2012 on dénombre 42 crimes de Pakistanais en Grèce. Lorsque Mikis Théodorakis a écrit « l’enfant souriant » musique que j’ai choisie à dessein pour cette vidéo, je me trouvais déjà aux côtés du peuple grec en 1974, libéré de la dictature des colonels. Nous étions heureux. La trêve ne dura que jusqu’en 1981 année de l’entrée de la Grèce dans la CEE. Les Grecs ne se rendirent pas compte tout de suite du piège que venait de leur tendre Caramanlis avec la complicité du criminel Valéry Giscard d’Estaing ayant signé le 28 mai 1979 pour l’entrée du pays dans la CEE tout en  sachant que les conditions n’étaient pas remplies.


Puis insidieusement, le cortège tératologique des maux européens s’est insinué au coeur du peuple hellénique comme l’hydre de Lerne aux sept têtes qui se régénèrent sempiternellement. La TVA en 1987, l’espace Schengen en 1995, l’entrée dans la zone euro en 2001 soutenue par Lionel Jospin et puis la vague déferlante que dis-je le tsunami d’immigrés répandue sur tout le territoire pas plus grand qu’un sixième de la France, on en compte plus d’un million aujourd’hui. La liste est longue et les têtes monstrueuses… Jusqu’en 1980 où je quittai la Grèce une première fois, je connus le paradis. Pas de criminalité, de délinquance, une vie bon marché, la gaité, la bonne humeur, la taverne tous les jours avec ma «famille grecque» toujours présente dans ma vie grecque 38 ans plus tard, la joie de vivre. Les sages grands-pères eux ne voulaient pas de l’Europe. Ils savaient…

La violence et la criminalité se sont abattues comme une chape de ciment sur ce peuple pacifique. On n’a rien vu venir. Le 5 décembre 2008 lors de l’assassinat d’Alexis Grigoropoulos, 15 ans, par un policier, les émeutes qui ébranlèrent le pays pendant un mois surprirent les citoyens européens. C’était le peuple grec qui sortait de sa réserve. A présent la résistance s’épuise, il fait chaud, on a faim, on se suicide, un suicide par jour dans ce pays qui il y a encore six mois enregistrait l’un des plus bas taux de suicides au monde. Ce soir les Grecs soutiennent Myrto et crient leur désespoir devant le Parlement où les politiques se terrent.

L’Aude dorée est un parti politique de Grecs patriotes qui aiment leur pays et veulent retrouver leur  patrie pour s’y amuser comme naguère, il n’y a pas si longtemps. Chanter, s’aimer, s’entraider, rendre agréable cette vie que de toute façon nous devons vivre puisque nous sommes là. Est-ce un crime ? Sommes-nous sur cette terre pour ne connaitre que des problèmes, l’enfer avant le purgatoire ? Aimer sa patrie est-il donc un si grand crime ? Il faut croire, les journaux français dénigrent l’Aube dorée, la taxent de nazisme, de fascisme. Les bien-pensants, antiracistes, les terroristes intellectuels font les choux gras des journalistes à la solde du gouvernement. 

Le groupe Lagardère-groupe Hachette possède tous les medias français sans exception et forme avec les politiques une association légale de malfaiteurs. Mais l’Aube dorée, les Grecs patriotes - dois-je préciser car une nouvelle race de Grecs est sortie depuis quelques années, la « nouvelle classe » - sont maitres de leur destin et leur destin, c’est ici, depuis des milliers d’années. Rien ne les impressionne et les attaques terroristes intellectuelles, ils n’en ont cure. Qu’ils balaient devant leur porte !

L’autre jour un policier s’est confié à moi pendant trois quarts d’heure. Il avait besoin de parler. Il m’a dit qu’à l’automne si les citoyens ne se révoltent pas ce sont eux qui le feront. Déjà ils ont décidé de ne plus taper sur leurs frères lors de manifestations et de Myrto il m’a parlé. Il m’a dit que si elle avait été sa fille, l’ogre de Paros n’aurait pas eu le temps de se rendre jusqu’à sa cellule… 

Pour la dernière manifestation en juin on les avait obligés à porter des masques, et « derrière ces masques nous pleurions. Nous nous sommes engagés pour servir la patrie, et la patrie c’est le peuple, pas les politiques » continue-t-il. Les politiques ? On ne les salue plus, on les ignore, ce ne sont pas nos chefs. Les étrangers qui tuent, volent, s’attaquent aux personnes âgées, ont envahi le centre d’Athènes devenu no man’s land, on n’en veut plus. Ils doivent partir. L’Union Européenne ? On ne nous a pas demandé notre avis. L’euro ? Pour que faire ? En gagner 500 par mois pour mettre en danger nos vies et frapper nos frères grecs ?

22 heures. Je regagne mes pénates dans un quartier calme sur la route du Pirée. Les cigales stridulent encore très fort en ce premier jour de septembre. La température a baissé, il ne fait que 29°. Un tel été caniculaire on n’en n’avait pas vu depuis cinquante ans. Un flot de voitures continu tiendra la ville éveillée jusqu’à une heure avancée. On cherche la fraicheur dehors. Pas question d’allumer la climatisation, avec quel argent paiera-t-on la note d’électricité à la TVA de 23 % assortie d’une mesure de rigueur, le « haratsi » pour chaque maison dont on est propriétaire ? Moi je ne suis pas propriétaire mais je pense à Myrto et j’espère du tréfonds de mon âme qu’elle redevienne un enfant souriant…

Simone Le Baron, Athènes, 1er septembre 2012

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